Farida Tahar : Entrisme à Molenbeek

Farida Tahar : Entrisme à Molenbeek

Farida Tahar : Entrisme à Molenbeek

Farida Tahar est une conseillère municipale voilée, du groupe socialiste, élue en octobre 2012, sur la Liste du Bourgmestre, dans la célèbre commune belge : Molenbeek-Saint-Jean [1]. Sur son affiche électorale, sur fond rouge vif, elle afficha un sourire de charme, portant un foulard au couleur pourpre. En plus de son voile, dit islamique, elle multiplie les casquettes et les adhésions aux différentes structures associatives communautaristes et de lutte contre ladite islamophobie. Elle s’engage désormais contre le projet d’inscription du principe de la neutralité [laïcité] de l’Etat dans la constitution belge, et par la même, contre l’interdiction des signes convictionnels dans la fonction publique [2]. Elle dit avoir « peur qu’on arrive à une laïcité extrémiste [à la française, précise-t-elle] » [3]. D’un média à l’autre, elle prône la même approche de la laïcité que les faucons de l’islam politique, en Belgique, en France et partout ailleurs en Europe et dans le monde : Une laïcité au rabais, totalement effacée face aux multiples revendications islamistes. Le présent billet propose de remonter son passé récent pour tenter de percer des secrets d’un engagement citoyen et politique certes, mais avec, en arrière plan, la main invisible de l’islamisme et son réseau hyper actif et hyper structuré. Décryptage.

 

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Parcours universitaire, associatif et professionnel

Farida Tahar est une jeune femme belge d’origine marocaine, née le 20 novembre 1977, diplômée en 1999 de l’ISFSC (Institut Supérieur de Formation Sociale et de Communication) [4]. En 2002, elle obtint une licence en science sociale à l’ULB (Université Libre de Bruxelles)[5]. En 2003, elle fut engagée comme conseillère sociale au CPAS (Centre Public d'Actions Sociales) [6]. Elle est membre du conseil d’administration de la MAIS (Molenbeek Agence Immobilière Sociale) et de la cellule LES (Lutte contre l'Exclusion Sociale) [7].

Farida Tahar est aussi une militante associative très engagée. En juin 2007, elle rejoint, non sans fracas, le MRAX (Mouvement contre le Racisme, l'Antisémitisme et la Xénophobie) [8] - créé en 1966 - lors d’une opération décrite par « L’observatoire citoyen du MRAX », comme étant une opération de noyautage massif, ou de « putsch légal », lorsque Farida Tahar ainsi que 74 autres nouveaux arrivants, dont « l’ex-frère musulman » Mickael Privot, y avaient adhéré massivement une semaine seulement avant la tenue de l’assemblée générale élective [9], en augmentant l’effectif des adhérents de 50% en quelques jours ! Ladite assemblée générale avait reconduit, en son poste de président, pour une nouvelle mandature, le très contesté Radouane Bouhlal, soupçonné par le même observatoire d’être « instrumentalisé par certains milieux proches des Frères Musulmans, adeptes de l’entrisme »[10]. L’on a même parlé de « dérive islamiste et communautariste grave qui se manifeste de plus en plus chez le président du MRAX »[11].

Anne Morelli, directrice du « Centre interdisciplinaire detude des religions et de la laïcité » à l’ULB[12] avait tiré la sonnette d’alarme, en février 2008, au sujet de cette dérive. Dans un courriel adressé à la direction, elle dit, je cite : « Je vous avoue que je me sens de plus en plus détachée de ce Mouvement auquel j’ai tant donné car je ne me sens plus concernée par ses prises de position communautaristes, sa défense systématique de la religion musulmane et ses exagérations continuelles d’une soi-disant « islamophobie » menaçante ». Et de rajouter : « De plus en plus le MRAX apparaît à l’extérieur comme un groupement d’auto-défense utilisé par des musulmans avec quelques hommes liges extérieurs. » [13].

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En 2010, Farida Tahar fonda l’association TETE (Toutes Égales au Travail et à l'Ecole) pour défendre le droit des femmes [voilées] à l'enseignement et à l'emploi[14]. Elle est aussi membre de l’ABPM (Association belge des professionnels musulmans) [15]. Depuis 2010, elle a rejoint le think-tank TAYUSH [16], situé à gauche, et a participé en 2014 à la rédaction d’un ouvrage collectif intitulé : Les défis du pluriel : Égalité, diversité, laïcité. Ouvrage publié aux éditions Couleur livres asbl. Farida Tahar y rend compte « des stratégies de jeunes musulmanes visibles qui se posent en actrices de leur vie et s’adressent collectivement à la société, alors que celle-ci continue - selon Farida Tahar - de les stigmatiser et de les considérer comme des victimes à protéger » [17]. Elle est aussi administratrice au CCIB (Collectif Contre l’Islamophobie en Belgique) [18], adhérant au réseau ENAR (European Network Against Racism)[19] présidé par « l’ex-frère » Mickaël Privot[20].

Le 30 novembre 2013, elle a participé au forum « Quelle Europe voulons-nous en 2020 ? »[21] visant à « favoriser une cohérence dans nos actions communes pour avancer ensemble vers l’Europe que nous souhaitons pour 2020 ». Les « nos » et « nous » désignent « les membres d’European Muslim Network en provenance de toute l’Europe » ainsi qu’ « une vingtaine de membres de la société civile musulmane engagée »[22], tous ou presque ont un lien direct ou indirect avec le réseau européen des Frères Musulmans. L’organisateur de ce forum n’est autre que l’EMN (European Muslim Network), présidé par le « frère » Tariq Ramadan [23] !

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En 2014, elle était l’invitée de la 4ème foire musulmane de Belgique, organisée par les Frères Musulmans de la LMB [24] en collaboration avec la société dedition GEDIS, détenue par les Frères Musulmans de l’UOIF (Union des Organisations Islamiques de France) [25]. Farida Tahar avait débattu avec la professeur Brigitte Marechal, professeur à l’UCL (Université Catholique de Louvain), autour des « Nœuds du dialogue entre musulmans et non-musulmans » [26]. Farida Tahar avait clôturé ce débat en relevant « trois impératifs pour un réel dialogue entre musulmans et non-musulmans : le respect, l’empathie et la volonté » [27]. Elle avait regretté que « malgré quarante ans de reconnaissance de l’islam en Belgique, le culte musulman n’est toujours pas visible dans l’espace public » [28]. Pour avancer, disait-elle : « il faut cesser de culturaliser les questions du vivre ensemble et mettre en application les mesures nécessaires. » [29] Serait-ce cela aussi le sens de son engagement politique ?

Elle est aussi coordinatrice au « Service Social Musulman Le Figuier », actif au sein de la commune de Schaerbeek [30]. « Le figuier » est officiellement arrosé, financé et soutenu par l’administration communale de Schaerbeek ; par la COCOF (Commission Communautaire Française) ; par le FIPI (Fond d’Impulsion à la Politique des Immigrés) et par Actiris (l’Office Régional Bruxellois de l’Emploi) [31] !

Talent d’Achille de Farida ?

Toutefois, sa présentation, sur différents sites, ne laisse apparaître que les éléments de sa formation et qualification universitaire ainsi que de son expérience professionnelle et associative. Mais il y a un élément fondamental qui n’apparaît presque nulle part, si ce n’est sur un site marocain (en langue française) presque inconnu du grand public belge et européen[32]. Il s’agit de sa formation « religieuse », voire idéologique, durant quatre années, de 1999 à 2003, au sein d’un établissement qui flirte sérieusement avec le salafisme et la mouvance des Frères Musulmans. Cet établissement est l’Académie Européenne des Sciences Islamiques et Culturelles de Belgique, connue auparavant sous le nom d’Alkhayria Belgica et qui, depuis juin 2015, à en croire une modification statutaire, se nomme désormais : « Al-Mizan : Académie Islamique de Bruxelles » [33]. Dans la suite de l’article, c’est l’ancienne dénomination sociale qui sera utilisée, à savoir : Alkhayria Belgica.

Cet établissement a été fondé le 24 juin 1995 dans la commune d’Anderlecht à Bruxelles par le tunisien Mohamed El Alouini, sa femme et ses enfants, entre autres [34]. Mohamed El Alouini fut aussi ancien directeur du CICB (Centre Islamique et Culturel de Belgique)[35], domicilié à la célèbre mosquée wahhabite du Parc du Cinquantenaire à Bruxelles qui est financée et gérée depuis 1967 [36], par l’Arabie Saoudite via la Ligue Islamique Mondiale, et inaugurée en présence du roi Fayçal Ibn Abdelaziz, l’ami des Frères Musulmans, qui a financé aussi le principal centre islamique en Europe : Le Centre islamique de Genève en 1961, géré depuis toujours par la famille Ramadan, père et fils [37].

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Qui sort le chèque, impose sa loi

Dans l’Iris et le Croissant, Félice Dasseto précise qu’à partir de l’année 2006, Alkhayria Belgica s’est installée dans ses nouveaux locaux [38], au 17-23 de la rue Broyère à Bruxelles, achetés et transformés grâce aux financements des pays du Golfe. Une partie de ce financement a été assurée par les deniers de « The Zayd Bin Sultan Al Nahayan Charitable & Humanitarian Foundation ». Celle-ci laisse apparaître, sur son site arabe, une ligne de financement, en 2008, portant la mention « Travaux de réhabilitation de l’académie islamique à Bruxelles » [39]. Le site wikipédia en communique un montant total de presque un demi-million d’euros[40].

La présence à Abou Dhabi, de 1994 à 2011 et pour raison professionnelle, du chirurgien-pédiatre Souhaïl El Alouini, membre fondateur aussi d’Alkhayria Belgica et fils de Mohamed El Alouini, son premier directeur, avait peut-être facilité ce financement. D’autant plus que le docteur Souheil El Alouini était remarqué du fait qu’il dirigeait un hôpital très connu et a été élu président de la « Société Émirienne de Chirurgie Pédiatrique » [41]. Un rôle plausible qui reste, toutefois, à confirmer.

Cependant, un autre élément aurait joué un rôle facilitateur pour le déblocage des fonds. Il s’agit de la présence d’un frère musulman [42], de renommé internationale, au sein de la direction centrale de la fondation caritative émiratie, depuis sa création en 1992. Ce frère musulman a été nommé à son poste, par décret en 1993, par le cheikh Zayd Bin Sultan en personne [43]. Il a été reconduit au même poste par son successeur, à plusieurs reprises [44], par décret aussi, jusqu’à sa mort en février 2010 [45]. Il s’appelle Ezzedin Ibrahim (1928-2010), d’origine égyptienne, qui fut conseiller culturel du cheikh Zayd Bin Sultan et qui a reçu un prix en 2006 à « Abu Dhabi Awards » [46].

Depuis, les Emirats Arabes Unis, alertés des dangers que représentent l’idéologie et les activités des Frères Musulmans, ce pays a fini par classer la mouvance islamiste, ses personnalités et ses branches locales et internationales sur la liste des organisations terroristes. Et ce, depuis l’année 2014 ! [47]

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Alkhayria Belgica ou le déni du « frérisme »

En mars 2015, dans son enquête « Comment les Frères Musulmans ont pris la Belgique en otage », la journaliste Marie-Cécile Royen avait cité Alkhayria Belgica parmi les organisations fréristes belges. Naturellement, elle a dû faire face à des intimidations mais sans se laisser intimider [48]. Ali Oubila, l’actuel président de cet établissement, avait usé de son droit de réponse en ces termes, je cite : « Nous tenons donc au travers de ce droit de réponse à restaurer notre innocence quant à cette soi-disant prise d’otage et à corriger cette allégation quant à notre appartenance frériste par une déclaration de non-appartenance absolue si ce n’est à Dieu » [49] ! Et de rajouter : « En effet, Alkhayria Belgica a la vocation d’être une institution scientifique islamique dont l’indépendance (intellectuelle, idéologique, politique, philosophique, doctrinale...) constitue l’essence même de son identité, une valeur fondamentale et nécessaire dans l’accomplissement de ses objectifs loin de tout esprit d’activisme ou de prosélytisme quelconque » [50].

En janvier 2016, Ikhwan Info, avait publié un article intitulé « Alkhayria Belgica » [51]. Ali Oubila a envoyé aux responsables du site un « droit de réponse » le 21 mars dernier dans lequel il dit, je cite : « Près de 90% de nos intervenants ne sont pas frères musulmans … ». Dans la foulée, le 26 mars, un communiqué officiel est publié sur le site Internet d’Alkhayria Belgica et sur sa page Facebook qui dit, je cite : « L'Académie Islamique de Bruxelles (Alkhayria Belgica) est une institution indépendante, financièrement et scientifiquement. Elle est libre de toute tutelle étatique et de toute appartenance doctrinale, idéologique ou politique. Elle n'est pas dans la propagande, le dogmatisme ou encore le prosélytisme. Elle serait plutôt attachée à des principes déontologiques et académiques comme l’intégrité, la transparence, la rigueur scientifique, l'objectivité, l’ouverture, l'approche descriptive, la critique, la cohérence ... » [52]-[53]. La phrase « Elle serait … » usant du conditionnel présent, laisse planer le doute et l’incertitude et suffit, à elle seule, pour justifier les doutes à l’égard de cet établissement !

Cependant, avant d’examiner la véracité, ou pas, de ses propos, il ne serait pas inutile de préciser ce que voudrait dire le terme « frériste » dans mon usage. D’autant plus que moi-même j’étais « frère musulman » [54], et donc connaissant comment les Frères Musulmans et leurs proches tentent à limiter le rapport au « frérisme » à un bulletin d’adhésion, sans tenir compte de comment Hassan Al-Banna définissait sa mouvance comme étant d’abord une « idée ». En effet, dix après la création des Frères Musulmans, Hassan Al-Banna a rappelé cette évidence en 1938, lors du 5ème congrès de sa mouvance. Cette idée, il l’a résumé de son vivant. Les Frères musulmans ne l’ont jamais remise en question, je cite : « l’islam est dogme et adoration, patrie et nationalité, religion et état, spiritualité et action, Coran et épée »[55].

Plus qu’une idée, il s’agit d’une idéologie, au sens d’un système plus au moins ordonné d’idées, caractérisant la vision globale d’un groupe, concernant l’humain et ses relations verticales et horizontales, à partir duquel le passé est invité, le présent est approché et le futur est projeté. Ainsi, être « frériste » ne se limite pas au fait d'avoir un lien organique affiché et établi officiellement avec la guidance suprême égyptienne ou de posséder une sorte de « déclaration d’appartenance »[56]. Dire par exemple : « Nous n’avons pas de liens organiques avec … » n’engage que ceux qui y croient. D'ailleurs, tout est fait pour brouiller les cartes des filiations : Taqiya (dissimulation)[57], double-discours, et j’en passe et des meilleurs !

« Frérisme », quelques repères …

Est « frériste », toute personne, physique ou morale, porteuse presque dans ses gènes de l'idéologie islamiste d'Hassan Al-Banna et des autres idéologues de la mouvance après lui.

Est « frériste », en Belgique, en France ou en Europe, toute personne, physique ou morale, liée directement ou indirectement à des organisations telles que la FOIE (Fédération des Organisations Islamiques en Europe) [58], le CERF (Conseil Européen des Recherches et de la Fatwa) [59], l'UISM (Union Internationale des Savants Musulmans) [60], entre autres.

Est « frériste » aussi, toute personne, physique ou morale, qui, consciemment ou inconsciemment, sert le dessein politique des Frères Musulmans et fait avancer le processus stratégique du Tamkine [61].

Est « frériste » ne sont pas uniquement des personnes physiques issues de la mouvance islamiste en Égypte ou en Syrie. D’ailleurs, la plupart des frères musulmans français et belges sont des maghrébins, notamment des marocains et des tunisiens !

En somme, un « frériste » n'est pas uniquement celui qui s’intègre dans un schéma organisationnel pyramidal ancien et démodé (type spider) mais aussi celui ou celle qui occupe une place, dans un nouveau schéma dit « Etoile de mer à cinq bras » [62], se basant théoriquement et aussi de façon opérationnelle sur l’islamisme comme idéologie d’action et de conquête ; sur un ou plusieurs champions d’identification ; sur des cercles connectés indépendants et interdépendants ; sur des catalyseurs animant ces cercles ; et sur un réseau moderne et puissant drainant beaucoup d’argent, des ressources humaines et techniques et des leviers d’influences politiques et médiatiques.

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Force est de constater qu’en France, en Belgique, en Europe et dans le monde entier, lorsque les Frères Musulmans organisent une quelconque activité publique, ils prennent toujours des précautions tactiques pour « noyer le poisson », faire diversion, et ne pas paraître sectaires et isolés. Raison pour laquelle, ils invitent des personnalités « non-fréristes », de gauche, de droite, de l'interreligieux, du monde des médias, des chercheurs à l’université, souvent dont le nom n'est pas à consonance arabe et parfois ce sont des convertis n’affichant pas leur islamité, pour se donner cette image de « fréquentabilité », d'ouverture d’esprit et surtout d'avoir cette caution morale, en cas de reproches qui leur sont souvent adressées, à juste titre. Toutefois, la diffusion des standards idéologiques et doctrinaux de la mouvance a besoin de vrais propagandistes, noyautant le corps de l'administration, parfois sans que les autres membres de la direction ne se doutent de quoique que ce soit, et constituant la partie presque invariable de la liste des intervenants permanents ou occasionnels.

Ossature frériste d’Alkhayriya Belgica

A la lumière de cette approche du « frérisme » opérationnel sur le terrain de la prédication, il est quasi impossible de dédouaner Alkhayria Belgica de la présence de tout lien, direct ou indirect, avec au moins, le réseau frériste européen. Ceci étant dit, ce rapport peut évoluer, dans un sens comme dans l’autre sens, en fonction du ratio des « fréristes » parmi le collège des invités et aussi le collège directionnel. Si l’on n’analyse que l’évolution de la composition du conseil d’administration, presque stable depuis la création, ce conseil ne contient désormais presque aucun des membres fondateurs, qui seraient garants d’une certaine continuité. Souheil El Alouini, le fils de Mohamed El Alouini, a quitté définitivement le CA en juin 2013 [63]. Il est parti s’installer en Tunisie pour poursuivre une carrière politique, d’abord à l’UPL (Union Patriotique Libre) et ensuite à « Nidaa Tounes », en tant que député élu le 26 octobre 2014 [64].

Le seul membre fondateur, présent depuis toujours au sein du conseil d’administration, s’occupant au quotidien de la gestion des affaires courantes de l’établissement est un « frériste ». Il s’appelle Abderazak Sidhom [65]. C’est un peu le seul trait d’union entre l’équipe des fondateurs et la relève.

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Sur son profil Facebook [66]-[67], il ne cache pas son admiration pour Hassan Al-Banna. Son adhésion au mouvement islamiste tunisien Ennahda est plus qu’ostensible et ne fait presque aucun doute. Un jour, il regretta amèrement la chute du « frère » Mohamed Morsi et laissa s’exprimer son espérance pour une nouvelle victoire. D’autres jours, il multiplie les éloges à l’égard du président islamiste turc Recep Tayyip Erdogan. Son admiration pour des leaders islamistes tunisiens comme Rached Ghannouchi et Abdelfattah Mourou est sans limites. Il n’hésite pas à diffuser sur son profil un appel à participer à un rassemblement islamiste, organisé par le bureau bruxellois de la mouvance Ennahda. Comme par mimétisme, son « frérisme » assumé l’amène à avouer clairement son refus à reconnaitre l’Etat d’Israël. Irait-il jusqu’à espérer sa disparition comme l’iranien Ahmadinejad ? Ou légitimer le « jihad armé » des frères du Hamas à son encontre ? Simples questions.

 

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Farida Tahar et le tandem Amdouni et Bouzouina

Farida Tahar a certainement connu Abderazak Sidhom durant ces quatre années de formation à Alkhayria Belgica. En plus, à l’époque où elle y suivait ses cours, entre 1999 et 2003, deux autres enseignants étaient présents au sein de l’établissement à cette époque : Hassan Amdouni et Abdelhamid Bouzouina.

Dans son livre : Les Frères Musulmans en Europe, racines et discours, Brigitte Maréchal consacre un paragraphe à ces deux frères en les présentant comme suit : « Le cheikh Hassan Amdouni, un théologien diplômé de la Zeitouna, assure des conférences sur la famille, les relations familiales et le bon comportement. Entre autres, notons encore le cheikh Abdelhamid Bouzouina décédé en 2005 : prêcheur de renom, d’origine algérienne, qui insiste notamment sur la responsabilité d’être musulman, la pratique religieuse au sens large et l’intention qui y est associée » [68].

Sur le site « www.Fatawas.be », dans un compte-rendu d’une journée d’hommage dédiée au frère algérien après sa mort, le rapporteur dit : « Le cheikh Abdelhamid Bouzouina était aimé par tous. Il était aimé par tous, car comme l'a décrit le Dr Hassan Amdouni, son compagnon de route, c'était un homme de cœur et de rassemblement » [69]. Preuve que les deux frères étaient très proches : Une proximité surtout idéologique.

Hassan Amdouni et l’héritage doctrinal d’Hassan Ayyoub

Pour exemples, Hassan Amdouni a collaboré à la traduction en français du livre Tabsith al-Aqa'id al-Islamiyah (تبسيط العقائد الإسلامية) de son auteur, le frère musulman égyptien Hassan Ayyoub (1918 - 2008) [70]. Le livre publié aux éditions Al-Qalam, dans sa version française, est intitulé : La foi musulmane : Dogme et dissidences [71] qui considère le seul dogme « ach’arite » [72] sunnite, comme seule foi authentique. A la fin du livre, dans sa version arabe, son auteur consacra dix-sept pages, pour décrire les différents groupes et tendances dogmatiques qui ont traversé et qui traversent toujours le monde arabo-berbère, depuis plusieurs siècles et qui ne sont pas reconnus par les Frères Musulmans.

Il cita les dissidents, attentistes, qadarites, chiites, zaydites, imamites, etc. Le frère Hassan Ayyoub écrit dans son livre, je traduis : « Le Qadianisme et le Bahaïsme sont les dogmes les plus dangereux pour les nations musulmanes. Qadianistes et bahaïsites sont encore plus mécréants que les juifs, les chrétiens et les zoroastriens » [73]. Il dit encore, je traduis : « Les nosaïrites [alaouites de Syrie dont est issue la famille des Assad, père et fils] sont plus dangereux pour l’islam que les juifs. Ainsi, Ibn Taymiyya avait décrété une fatwa, à son époque, rendant obligatoire [d’un point de vue religieux] le fait de les combattre [par les armes] et de combattre aussi les druzes » [74].

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Ce livre du frère Hassan Ayyoub est mentionnée aussi comme référence bibliographique de Tariq Ramadan dans son livre : De l’islam et des musulmans [75]. Pour rédiger son essai, le frère Tariq s’est appuyé sur l’ancienne version traduite et éditée par les éditions Okad en 1991. Cette ancienne traduction portait le titre de : Clarification de la foi musulmane [76]. Elle a été améliorée et rééditée ensuite, avec le concours d’Hassan Amdouni, aux éditions Al-Qalam en 2004, sous le nouveau titre : Foi musulmane : Dogmes et dissidences.

Par ailleurs, Hassan Ayyoub est cité dans le livre : Al-Qaida dans les textes [77], présenté par Gilles Kepel. L’on apprend que lorsque la figure frérojihadiste Abdellah Azzam - un frère musulman palestinien et l’un des principaux repères idéologiques et guides d’Oussama Ben Laden - avait rédigé une fatwa considérant comme « obligation individuelle » le jihad en Afghanistan, il l’avait présentée à de nombreux savants fréristes et wahhabites qui l’ont unanimement approuvée, validée et signée. Parmi ces savants, il y avait un certain Hassan Ayyoub qui était à cette époque professeur à l’université du roi Abdelaziz à Djeddah. Hassan Amdouni a donc participé, par cette traduction, à faire connaître la pensée dogmatique radicale, intolérante et sectaire du frère musulman Hassan Ayyoub auprès de la jeunesse francophone, de la jeunesse belge. Une responsabilité ? Certainement.

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Hassan Amdouni a aussi écrit d’autres livres puisant toute la matière première des écrits théologiques et jurisprudentiels des références fréristes connues, notamment au sujet dudit statut de la femme musulmane. Celle-ci se doit, par prescription religieuse dit-il, de se voiler tout le corps, excepté le visage et les mains. Dans son livre : Le Hijab de la femme musulmane : Vêtements et toilette [78], en plus des textes religieux qu’il interprète comme prescripteurs de cette obligation, il a même usé de son talent de dessinateur pour montrer aux femmes ce que devrait être une « mode islamique » conforme au textes « sacrés ». Hassan Amdouni n’a pas attendu à ce qu’on lui demande de faire un dessin. Il l’a déjà fait.

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Abdelhamid Bouzouina, persona non grata en France depuis 1994     

Quant à Abdelhamid Bouzouina (1954 - 2005), son appartenance à la mouvance frériste ne fait aucun doute. Dès son arrivée d’Algérie pour rejoindre la France, il intégra l’UOIF (Union des Organisations Islamiques de France) et est devenu son secrétaire général [79]. En parallèle, il composa le programme et la méthodologie de l’apprentissage de la langue arabe à l’institut idéologique frériste l’IESH (Institut Européen des Sciences Humaines) à Château-Chinon, créée en 1990, où il enseigna aussi i[80].

Un de ses élèves se souvient de lui, très récemment, en octobre 2014, en ces termes, je cite : «Un grand Hommage et Pensée à mon Professeur d'Arabe, Cheikh Abdelhamid Bouzouina qui nous a quitté en 2005 ! Il fut mon Professeur d'Arabe en 1992, à raison d'environ 20h/semaine à Château Chinon ! Ce Croyant était à lui seul un Livre, sa Modestie, son ouverture, il était un Puits de Science […]. J'ai vécu des moments intimes avec lui, ils sont encore dans mon cœur même 20 ans après ! » [81]. Cet élève n’est autre que l’imam salafiste Mohamed François [82], imam de la mosquée de Joué-Lès-Tours (ICM37 [83]), en Indre et Loire, qui fut citée à la marge de l’affaire Bertrand Nzohabonayo [84], alias Bilâl. Celui qui avait attaqué, le 20 décembre 2014, à l’arme blanche, trois policiers dans un commissariat!

Bernard Godard, Monsieur « islam de France » au Ministère de l’Intérieur de 1997 à 2014[85], valide l’information concernant la formation de l’imam Mohamed François à l’IESH et confirme son côté salafiste, branché sur les  ondes du wahhabisme saoudien. Il dit, je cite : « […] l’imam de la mosquée de Joué-Lès-Tours, Mohamed François, en Indre et Loire. De son nom originel François Bordenave, converti en 1989, il a suivi ensuite des cours à l’IESH (Institut Européenne des Sciences Humaines), le centre de formation de l’UOIF à Saint-Léger-du-Fougeret, dans la Nièvre. Infidèle à ces formateurs proches des Frères musulmans, il adopte la voie salafiste avant de s’installer près de Tours. Il est l’illustration d’un stricte rigorisme wahhabite en même temps qu’il ne néglige pas les problèmes de son temps ni de son environnement. Lié à ses imams de la même mouvance, fidèles disciples des oulémas saoudiens, il invite dans sa mosquée le Brestois Abou Houdeyfa … » [86]. Seul bémol, Mohamed François ne serait pas si infidèle que cela pourrait paraître à l’UOIF. Car premièrement, le témoignage qu’il rédigea en octobre 2014 démontre plutôt une fidélité et un grand respect pour son modèle, le frère musulman Abdelhamid Bouzouina. Et deuxièmement, parce qu’aujourd’hui Amar Lasfar, le président de l’UOIF, tente de réhabiliter l’image de l’imam salafiste brestois Abou Houdeyfa et n’éprouve aucune gêne à l’inviter, par l’intermédiaire d’un jeune imam dans une mosquée roubaisienne, à une conférence intitulée : « L’union dans la diversité » [87]-[88]. Ce qui prouve une chose : Frères musulmans et salafistes sont des … frères, certes divers, mais parfaitement unis !

C’est peut-être pour cela qu’en 1994, un arrêté ministériel français expulsa du territoire pour raison de radicalisme islamiste, semble-t-il [89], le frère Abdelhamid Bouzouina, qui s’installa, ensuite, en Belgique, le restant de sa vie et y joua un rôle majeur dans l’organisation officielle du culte musulman. Les liens de ce dernier avec la mouvance sont restés intacts. Le 19 et 20 mai 2001, il participa au premier séminaire européen : « Comment éduque-t-on nos enfants en Europe ? »[90], organisé par le département « Prédication et présentation de l’islam » de la FOIE.

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Ce séminaire avait rassemblé à Genève, autour du frère franco-tunisien Mohamed Karmous - le président de la LMS (Ligue des musulmans de Suisse) - d’autres islamistes comme Ahmed Jaballah (UOIF-IESH), entre autres, ainsi que le psychiatre franco-tunisien Ahmed Eleuch, clinicien installé à Seine-Saint-Denis, issu de la mouvance islamiste Ennahda. Ce dernier avait défrayé la chronique en 2009, après son arrestation en Tunisie, à l’époque de Ben Ali, et son inculpation pour « atteinte à la sureté de l’Etat ». Sa défense avait plaidé non coupable et avait nié tout lien du psychiatre avec le mouvement islamiste Ennahda depuis qu’il avait quitté la Tunisie en 1987. Le fait est qu’en mai 2001, il était bel et bien présent à une réunion islamiste, au plus niveau européen, à proximité du Lac Léman !

Lors de ce séminaire, le frère musulman Abdelhamid Bouzouina avait exposé, en langue arabe, sa vision et ses recommandations au sujet des : « Incubateurs éducatifs pour nos enfants en Europe »[91] - famille, mosquée, centre islamique, association, … - et leur rôle facilitateur dans la stratégie du « Tawtine »[92] (Territorialisation) poursuivie par la mouvance islamiste en Europe comme préalable du projet politique « Tamkine ». Les actes, en arabe, de ce premier séminaire révélateur d’une vision « islamisante » de l’Europe et de l’Occident, y compris la contribution d’Abdelhamid Bouzouina, ont été publiés en 2002 par la société dedition MEDIACOM, gérée à l’époque, depuis Amiens en France, par un autre islamiste franco-tunisien, Abdellah Benmansour, qui préside désormais la FOIE, la branche européenne des Frères Musulmans.

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Hassan Amdouni et Abdelhamid Bouzouina ont donc influencé la vision et la compréhension de Farida Tahar au point qu’elle s’en souvient aujourd’hui, après plus de dix ans de l’obtention de son diplôme à Alkhayria Belgica. L’on pourrait légitimement se poser la question sur le degré de l’influence des enseignements de cette structure sur ses engagements citoyens et politiques. Alors qu’elle est très combative médiatiquement pour s’opposer aux propositions concernant la laïcité et les signes convictionnels, l’on pourrait se demander si cette farouche opposition est dictée par une idée personnelle des droits humains ou bien par une volonté d’imposer une « Loi d’Allah » comme l’écrit Hassan Amdouni.

Le même Hassan Amdouni diffusa le 22 octobre 2015 une citation sur son profil Facebook, je traduis : « Embrasser la religion sans faire de la politique, c’est ressembler à un prêtre. Faire de la politique sans être dans la religion, c’est ressembler à un laïque. Embrasser la religion et faire de la politique, c’est posséder les clefs du Tamkine ». Une citation attribuée à Ahmed Raïssouni, l’islamiste marocain ancien président du MUR (Mouvement Unicité et Réforme), pressenti pour succéder à Youssef Al-Qaradawi à la tête de l’UISM (Union Internationale des Savants Musulmans). Farida Tahar semble avoir très bien assimilé cette vision politico-religieuse des choses. Son engagement en serait la parfaite synthèse.

Le frérisme, des visages et … un discours !    

Peu importe, l’auteur de L’Iris et le Croissant décrit l’enseignement au sein d’Alkhayria Belgica comme étant « très classique et conservateur »[93]. La longue liste des invités de cet établissement depuis l’année 2013/2014 confirme ce constat et montre une tendance à inviter davantage de fréristes que d’autres sensibilités : Un choix. Sur une liste de 33 intervenants, animant 23 séminaires, au moins 18 invités de renommé nationale ou internationale sont fréristes ou assimilés.

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Parmi lesquels, l’on cite :

            Ahmed Jaballah [94] (UOIF-IESH) ; Moncef Zenati [95], membre du bureau de l’UOIF, chargé de l’enseignement et de la présentation de l’islam et traducteur des 20 principes d’Hassan Al-Banna ; Tariq Oubrou (UOIF) ; Hani Ramadan, le directeur du centre islamique de Genève ; Tariq Ramadan, directeur du CILE qatari et président de l’EMN ; Tahar Mahdi [96], membre de l’UISM présidée par Al-Qaradawi ; Hassan Iquioussen (UOIF) ; Othman Iquioussen [97]-[98], son fils et imam à la mosquée de Raismes ; Mohamed Bajrafil [99]-[100]-[101], qui, tout en niant toute adhésion à la mouvance, il avoue que ses références sont Youssef Al-Qaradawi et Safwat Hijazi, entre autres ; Zakaria Seddik [102]-[103]-[104], ancien professeur à l’IESH et membre de l’UISM ; Shaqeel Seddiq [105]-[106]-[107], formé et diplôme à l’IESH ;  Mohamed Ramoussi [108], théologien formé à l’IESH ; Mehmet Saygin [109]-[110], soutenant sans réserve l’AKP et le président islamiste turc Erdogan ; Moataz Al-Khateeb [111], un frère syrien, écrivain et journaliste et qui était le préparateur de 2004 à 2014 de la fameuse émission « La charia et la vie » (الشريعة و الحياة) de Youssef Al-Qaradawi sur la chaîne qatarie Al-Jazeera ; Malika Hamidi [112]-[113], la directrice de l’EMN présidé par Tariq Ramadan ; Abdelhamid Temsamani Chebagouda, universitaire et professeur de religion islamique dans un lycée, qui s’est fait remarqué le vendredi 13 mars 2009 par des propos « révisionnistes » tenus devant des élèves, lorsqu’il a reproché à Henri Kichka, un juif survivant des camps d’Auschwitz, d’avoir « exagéré » et « romancé » son récit. Tamsamani évoqua comme référence Roger Garaudy [114] !

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D’autres invités flirtent avec le frérisme, directement ou indirectement, et soutiennent ses acteurs à l’image de : Farid Al-Asri [115]-[116] qui a soutenu par le passé Tariq Ramadan et Yacob Mahi ; Michael Privot [117] qui bien qu’il ait annoncé son départ de la mouvance semble en être toujours proche sur le terrain de l’action associative et de la lutte contre l’islamophobie, etc. Aussi, d’autres invités ne se revendiquent pas fréristes mais partagent avec le frérisme la matrice salafiste doctrinaire à l’image de Yaya Michot [118] (alias Nasredin Lebatelier), celui qui s’est rendu célèbre en 1997 en marge de l’assassinat des moines de Tibéhirine lorsqu’il a exhumé une fatwa d’Ibn Taymiyya (1263 - 1328). Un autre habitué d’Alkhayria Belgica est Mouhamed Balaye Ndiaye [119], qui n’est autre que l’actuel imam du Centre islamique de Bruxelles, au Parc du Cinquantenaire, dont la tendance wahhabite et le financement saoudien ne sont un secret pour personne.

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D’autres invités agrémentent un peu le cortège comme le célèbre Adnan Ibrahim ou Idris De Vos ou Eric Geoffroy. Ces deux derniers sont convertis à un islam spirituel et soufi. Leur présence peut être aussi interprétée comme une volonté de la part de l’équipe pédagogique de combler la dimension soufie chez les étudiants d’Alkhayria Belgica. D’autant plus qu’Hassan Al-Banna définissait aussi sa mouvance islamiste comme une « vérité soufie »[120].

Un autre prédicateur yéménite est passé à Alkhayria Belgica, par deux fois, pour délivrer un message prosélyte clair bien que très doux et souriant. Il s’appelle Al-Habib Ali Al-Jifri. Ses critiques occasionnelles du comportement politique des Frères Musulmans n’éclipsent point ses nombreuses convergences doctrinales, idéologiques et salafistes avec la mouvance. Il entretenait un lien particulier avec Mohamed El Alouini qu’il considère comme le père spirituel de l’action islamique en Belgique. Il s’est rendu à Alkhayria Belgica, une première fois en juin 2003. Mohamed El Alouini était alors le président de son conseil d’administration. Le cheikh yéménite a participé le samedi 14 juin à l’attribution des diplômes aux étudiants et aux étudiantes. La formation de Farida Tahar ayant pris fin en 2003. J’ignore si elle a reçu aussi son diplôme de la main droite de ce cheikh yéménite qui a animé ensuite des conférences et débats au sein de cette structure.

Lors de sa conférence du dimanche 15 juin, en présence du frère Mohamed Boulif, alors président de l’EMB (Exécutif des Musulmans de Belgique), il s’est adressé aux étudiants belges présents, en ces termes, je traduis : « La prédication et l’appel à Allah est la seule raison valable pour votre résidence dans ce pays. Sans prédication, il n’y a aucun prétexte qui pourrait motiver votre présence ici » ! Pour ce prédicateur, les étudiants formés se doivent d’accomplir un devoir prosélyte, sans violence certes, mais avec détermination en suivant l’exemple de la prédication dans des pays comme « la Malaisie et l’Indonésie »[121].

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En juin 2012, quelque temps avant le décès de Mohamed El Alouini, le prédicateur yéménite lui a rendu visite à l’hôpital et s’est rendu ensuite à Alkhayria Belgica pour animer une nouvelle conférence[122].

Alkhayria Belgica : islams ou islamisme ?

Ainsi, après cette courte analyse, lorsqu’Ali Oubila, l’actuel président d’ Alkhayria Belgica, dit : « Nous tenons donc au travers de ce droit de réponse à restaurer notre innocence quant à cette soi-disant prise d’otage et à corriger cette allégation quant à notre appartenance frériste par une déclaration de non-appartenance absolue si ce n’est à Dieu » ou : « En effet, Alkhayria Belgica a la vocation d’être une institution scientifique islamique dont l’indépendance (intellectuelle, idéologique, politique, philosophique, doctrinale...) constitue l’essence même de son identité, une valeur fondamentale et nécessaire dans l’accomplissement de ses objectifs loin de tout esprit d’activisme ou de prosélytisme quelconque », l’on est forcé de le contredire car tout un faisceau concordant d’indices et de preuves matérielles démontrent, par leur fréquence, leur similitude et leur répétition le caractère établi de l’inscription d’ Alkhayria Belgica dans un schéma idéologique d’un réseau frérosalafiste qui porte un nom depuis 1928 : Les Frères Musulmans.

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Farida Tahar, la conseillère communale voilée de Molenbeek-Saint-Jean a appris, dans ce cadre, les rudiments de « la religion » telle qu’elle est interprétée suivant les standards de l’idéologie frérosalafiste. En était-elle consciente ? En était-elle instrumentalisée ? Quoi que l’on puisse supposer, son engagement citoyen et politique et ses combats et revendications ne peuvent être différenciés des combats et revendications des sœurs musulmanes et des frères musulmans, en Belgique, en France, en Europe et dans le monde entier.

L’on pourrait croire qu’elle prendrait plutôt la marocaine Asma Lamrabet comme repère sur le chemin d’un certain engagement féministe. Seul bémol, elle n’est pas sur la même ligne qu’elle au moins sur la signification et la perception du « voile » dit islamique, en tant que signe convictionnel. Alors qu’Asma Lamrabet dit : « Pour les femmes musulmanes d’aujourd’hui le véritable défi c’est de retrouver le souffle libérateur du message spirituel de l’islam. Porter le foulard  n’est pas une finalité spirituelle en soi »[123] et : « Le port du hijab n’est pas révélateur de la religion musulmane, et que même la loi religieuse ne lui confère pas cette priorité que lui accorde l’islam politique »[124].

 

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Farida Tahar, elle, se trouve plutôt en phase avec la conception d’un Hassan Al-Banna, ou d’un Hassan Ayyoub, ou d’un Hassan Amdouni, et aussi d’un certain Tariq Ramadan. Ceux-là font du « voile » dit islamique, à l’image des Frères Musulmans d’hier et d’aujourd’hui, l’étendard même d’une stratégie d’islamisation globale, à tous les niveaux, par le haut et par le bas, par étapes et par étages : Dis-moi combien de têtes de fillettes et de femmes tu as réussi à voiler, je te dirais quel pourvoir tu as ici et maintenant et quel pourvoir tu auras demain.

Enfin, au-delà de l’idéologie frérosalafiste et des raisons, diverses et variées, qui ont permis ce communautarisme islamiste de la commune belge de Molenbeek, il serait intéressant de comprendre le fonctionnement de la mécanique de ce rouleau compresseur qu’est l’islam politique, et de décrypter, avec le recul nécessaire, comment il opère, un peu partout en Europe, depuis plusieurs décennies, dans une complémentarité entre les frères et les salafistes, lesdits modérés et les radicaux. Une complémentarité qui réussit grâce aux concours et aux connivences intéressées de certains femmes et hommes politiques et de certains acolytes et relais médiatiques.

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En ce sens, l’exemple de l’engagement de Farida Tahar, qui est loin d’être un cas isolé, pourrait servir de repère. D’autres parcours pourraient livrer d’autres secrets avec des particularités insoupçonnables. L’erreur serait de soumettre l’analyse du cas Molenbeek, surtout après les attentats de Paris et de Bruxelles, à la seule grille de lecture jihadiste. Car la matrice doctrinale qui engendre le jihadisme, depuis toujours, est identique à celle qui alimente l’islamisme en général. Le jihadisme ne représente qu’un cas particulier de l’islam politique qui le couvre et le légitime. Celui-ci est à la fois divers et uni. Divers comme le sont les doigts d’une main à cinq ou à quatre doigts. Uni, lorsque les doigts se joignent mutuellement, au « juste milieu », pour former un coup de point, prêt à frapper là où l’on ne s’y attend pas. D’ailleurs, lorsque l’on critique l’islamisme frérosalafiste, ses connivences avec le jihadisme et les textes scripturaires dits « sacrés » qui valident et légitiment ses revendications, certains acteurs bien placés sur l’échiquier associatif et politique, national et européen, crient en une seule voix à l’islamophobie. Farida Tahar en sait quelque chose !

Mohamed Louizi

[1] http://www.ps.be/Pagetype1/PS/Vos-Elus/Farida-TAHAR.aspx#

[2] https://www.facebook.com/islamophobia.ccib.be/posts/970058256414490

[3] https://www.rtbf.be/video/detail_farida-tahar-j-ai-peur-qu-on-arrive-a-une-laicite-extremiste?id=2081550

[4] http://www.peacefullives.be/fr/2016/02/29/farida-tahar/

[5] http://e-taqafa.ma/dossier/farida-tahar-conseillere-communale

[6] https://www.linkedin.com/in/farida-tahar-5177a042

[7] http://e-taqafa.ma/dossier/farida-tahar-conseillere-communale

[8] http://mrax.be/wp/

[9] https://quandlemraxdesaxe.wordpress.com/2009/11/19/comment-le-mrax-a-ete-noyaute/

[10] https://quandlemraxdesaxe.wordpress.com/2009/11/19/comment-le-mrax-a-ete-noyaute/

[11] https://quandlemraxdesaxe.wordpress.com/page/2/

[12] Selon des observateurs, l’ULB elle-même serait victime de cet entrisme de mouvement religieux. Elle aurait commencé à rompre, petit à petit, avec sa tradition du libre examen et de la rationalité, presque à la même vitesse avec laquelle s’opère l’entrisme de mouvement exigeant qui demande que l’on respecte leur opinion.

[13] https://quandlemraxdesaxe.wordpress.com/page/2/

[14] http://e-taqafa.ma/dossier/farida-tahar-conseillere-communale

[15] http://e-taqafa.ma/dossier/farida-tahar-conseillere-communale

[16] http://www.tayush.com/

[17] http://www.tayush.com/#!les-dfis-du-pluriel---introduction/cts5

[18] Lire ici le discours de Farida Tahar au nom du CCIB après les attentats de Charlie Hebdo : https://www.facebook.com/islamophobia.ccib.be/photos/a.705759366177715.1073741828.701663443253974/770213119732339/

[19] http://fr.slideshare.net/CCIB/ccib-rapport-dactivits-2014-islamophobiebelgique

[20] http://www.enar-eu.org/Staff-221

[21] https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=697519946933503&id=128498273835676

[22] https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=697519946933503&id=128498273835676

[23] https://www.facebook.com/European-Muslim-Network-EMN-128498273835676/

[24] https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=757289930992891&id=383375715050983

[25] http://www.gedis.net/v3/content/4-a-propos

[26] http://lmbonline.be/wp-content/uploads/2014/11/quatrieme-jour-pdf.pdf

[27] http://lmbonline.be/wp-content/uploads/2014/11/quatrieme-jour-pdf.pdf

[28] http://lmbonline.be/wp-content/uploads/2014/11/quatrieme-jour-pdf.pdf

[29] http://lmbonline.be/wp-content/uploads/2014/11/quatrieme-jour-pdf.pdf

[30] http://lefiguierasbl.be/?page_id=12

[31] http://lefiguierasbl.be/?page_id=18

[32] Le site est : (http://e-taqafa.ma/dossier/farida-tahar-conseillere-communale), cette information est relayée aussi sur la page Facebook de KARAMH EU, un organisme musulman des droits humains, sur le lien : (https://www.facebook.com/KaramahEU/photos/a.985002261559794.1073741828.763921523667870/1021399731253380/?type=3)

[33] Selon un acte officiel déposé le 27/08/2015 au Greffe du tribunal de commerce francophone de Bruxelles, publié aux annexes du Moniteur Belge. Acte n° 15127306 (n° d’entreprise : 456.303.044).

[34] Ibid.

[35] Félice Dasseto, L’Iris et le Croissant, Presse Universitaires de Louvain, 2011, p.95-96

[36] https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_mosqu%C3%A9e_de_Bruxelles

[37] http://www.cige.org/cige/historique.html

[38] Félice Dasseto, L’Iris et le Croissant, Presse Universitaires de Louvain, 2011, p.95-96

[39] http://www.zayed.org.ae/?page_id=253&lang=en

[40] Lire en arabe ici : https://ar.wikipedia.org/wiki/ مؤسسة_زايد_للأعمال_الخيرية_والإنسانية

[41] https://www.facebook.com/Dr-Souhail-Alouini-137180666364567- دسهيل-العلويني/info/?tab=page_info

[42] Lire sa biographie en arabe ici sur l’encyclopédie historique officielle des Frères Musulmans : http://www.ikhwanwiki.com/index.php?title= عز_الدين_إبراهيم

[43] http://www.zayed.org.ae/?page_id=208&lang=en

[44] http://www.zayed.org.ae/?page_id=208&lang=en

[45] Lire ici en arabe au sujet de la présence des membres de la famille royale dans les funérailles du frère Ezzedin Ibrahim en février 2010 : http://www.alittihad.ae/details.php?id=6539&y=2010

[46] http://www.abudhabiawards.ae/en/recipients/

[47] http://www.france24.com/fr/20141119-uoif-organisation-terroriste-emirats-freres-musulmans-islam-france-syrie

[48] Quatre associations (Vigilance musulmane, Empowering Belgian Muslim, l’Association belge des professionnels musulmans-ABPM  et Alkhayria Belgica) ont réagi par des demandes de droit de réponse après la publication du dossier : « Comment les frères musulmans ont pris la Belgique en otage » (6 mars 2015) et, surtout, à cause de l’encadré présentant « L’infrastructure FM ». Le Vif/L’Express a publié ces textes en Forum des lecteurs. Des procédures ont été lancées contre l’hebdomadaire et Marie-Cécile Royen. L’ABPM a agi par voie judiciaire (affaire en appel). Trois personnes individuelles (dont Hajib El Hajjaji) et quatre associations  (ABPM, Comité contre l’islamophobie en Belgique-CCIB, Empowering Belgian Muslims-EmBem et Vigilance musulmane ont également introduit des plaintes auprès du Conseil de déontologie journalistique. L’avis du CDJ a été rendu le 14 octobre 2015. http://lecdj.be/telechargements/CDJ-15-23-Divers-c-M-C-Royen-LeVif-avis-14-oct-2015.pdf. Cependant, le dossier « Comment les Frères musulmans ont pris la Belgique en otage »  a continué à circuler sur Internet après son retrait du site levif.be. Le Vif/L’Express a, depuis lors, publié deux nouvelles enquêtes, sans se laisser intimider : « La frérosphère à Charleroi » (15 janvier 2016) et « Le Qatar investit chez les Frères » (11 mars 2016), auquel la Ligue des musulmans de Belgique a réagi par un communiqué daté du 13 mars dernier : http://lmbonline.be/2016/03/13/communique-la-lmb-identite-financement-freres-musulmans/.

[49] http://www.ikhwan.whoswhoblog/archives/9623

[50] http://www.ikhwan.whoswhoblog/archives/9623

[51] Lire ici : http://www.ikhwan.whoswhoblog/archives/9623

[52] http://www.alkhayria.org/communiqu--042016.html

[53] https://www.facebook.com/alkhayria.belgica/posts/1123472071036567:0

[54] Lire : Mohamed Louizi, Pourquoi j’ai quitté les Frères musulmans : Retour éclairé vers un islam apolitique, Michalon, Paris, 2016, 330 pages.

[55] Hassan Al Banna, Épîtres de l’imam martyr Hassan Al-Banna (en arabe), Dãr Al-Hadarah Al-Islamiyyah, p. 119.

[56] http://www.ikhwan.whoswhoblog/archives/9623

[57] Sur son blog Mediapart « Qui tolère l’islamisme récolte le terrorisme », mon ami, l’universitaire tunisien Salah Horchani donne cette explication du terme « Taqiya » (= تقيّة, en arabe) que je reproduis ici : « Taqiya peut être traduit par « pratique de la dissimulation pour se prémunir» dont un corollaire immédiat est la pratique du double discours. Cette pratique a, principalement, deux utilisations dans les milieux islamiques. La première, qu’on pourrait appeler la Taqiya défensive ou positive et qui fut, historiquement, la plus répandue, a consisté à dissimuler ses convictions religieuses afin deviter les persécutions. Ce fut le cas, par exemple, de groupes minoritaires chiites vivant au sein d’une majorité sunnite ou bien des minorités musulmanes de l'Espagne et du Portugal de la Reconquista, en observant clandestinement leur pratique religieuse tout en se comportant cultuellement, publiquement, comme la majorité. La seconde utilisation, qu’on pourrait appeler la Taqiya offensive ou négative, fut théorisée à l’extrême par Hassan Al-Banna et a retrouvé sa réelle dimension avec la Confrérie des frères musulmans qu’il a fondée et dont le parti islamiste tunisien Ennahdha est la succursale tunisienne. Ainsi, Hassan Al-Banna exige de ses ouailles d’être capables de faire preuve de « patience, de dissimulation et de préservation du secret ». Cette théorisation, qui a mis Machiavel et ses théories échec et mat, a impliqué dans la pensée des frères musulmans plusieurs corollaires parmi lesquels on peut citer : garder secret ce que l’on prépare et dire et montrer le contraire ; pour les besoins de la cause, pour éviter les confrontations directes ou pour gagner en respectabilité, la pratique de la tromperie active est permise et même conseillée, par exemple, participer à des processus électoraux tout en étant, en son for intérieur, de farouches adversaires de la démocratie qu’ils incarnent, puisque le label de l’islamisme est constitué par l’axiome : La Sharia est Constitution et Codes » Source : https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/271015/dis-moi-les-islamistes-comment-les-reconnait

[58] http://www.fioe.org/

[59] http://e-cfr.org/new/

[60] http://iumsonline.org/fr/

[61] http://www.ikhwan.whoswhoblog/archives/7968

[62] Lire ici : https://blogs.mediapart.fr/mohamed-louizi/blog/071215/voila-comment-l-islamisme-se-diffuse-depuis-le-qatar-de-maniere-decentralisee-et-efficace

[63] Selon un acte officiel déposé le 22/11/2013 au Greffe du tribunal de commerce francophone de Bruxelles, publié aux annexes du Moniteur Belge. Acte n° 13181734 (n° d’entreprise : 456.303.044), l’assemblée générale du 16 juin 2013 a procédé à la révocation du conseil d’administration de Souheil El Alouini. Toutefois, l’acte officiel déposé le 27/08/2015 au Greffe du tribunal de commerce francophone de Bruxelles, publié aux annexes du Moniteur Belge, n° 15127306, le fait apparaitre à l’article 4.1 comme membre fondateurs parmi une liste contenant 19 noms dont 4 sont issus de la famille El Alouini.

[64] https://fr.wikipedia.org/wiki/Souhail_Alouini

[65] Selon un acte officiel déposé le 27/08/2015 au Greffe du tribunal de commerce francophone de Bruxelles, publié aux annexes du Moniteur Belge, acte n° 15127306 (n° d’entreprise : 456.303.044), Abderrazak Sidhom est un membre fondateur (article 4.1), il a toujours été membre du conseil d’administration, réélu administrateur lors de l’AG du 16 juin 2013.

[66] Principal profil est ici : https://www.facebook.com/abderrazak.sidhom

[67] Son deuxième profil est ici : https://www.facebook.com/profile.php?id=100004337057596&sk=about

[68] Brigitte Maréchal, Les Frères Musulmans en Europe, racines et discours, Presses Universitaires de France, 2009, 336 pages.

[69] http://fatawas.be/biographie-Bouzouina.html

[70] Lire (ici : http://www.ikhwanwiki.com/index.php?title= حسن_أيوب) sur l’encyclopédie officielle des Frères musulmans (en arabe) une présentation de son parcours de frère parmi les frères. L’on apprend que parmi ses élèves il y a Khaled Mechaal, leader politique du Hamas vivant au Qatar et qui est considéré terroriste par l’union européenne.

[71] Hassan Ayyoub, La foi musulmane : Dogme et dissidences, traduction : Salaheddine Kechrid, Hassan Amdouni, Asmaa Godin, Editions Al-Qalam, 360 pages.

[72] Lire ici une introduction au « Acharisme » : https://fr.wikipedia.org/wiki/Asharisme

[73] Hassan Ayyoub, Tabsith al-Aqa'id al-Islamiyah (en arabe), Dãr Al-Nadwa Al-Jadidah, 5ème édition, 1983, Liban, p.310.

[74] Hassan Ayyoub, Ibid., p.307.

[75] Tariq Ramadan, De l’islam et des musulmans, Presses du Châtelet, 2014, p.219.

[76] Hassan Ayyoub, Clarification de la foi musulmane, traduit par Salaheddine Kechrid, Okad, 1991.

[77] Gilles Kepel et autres, Al-Qaida dans le texte : Ecrits d'Oussama ben Laden, Abdallah Azzam, Ayman al-Zawahiri et Abou Moussab al-Zarqawi, Presses Universitaires de France, 2008, 474 pages.

[78] Hassan Amdouni, Le Hijab de la femme musulmane : Vêtements et toilette, Najah El-Jadida, Casablanca, 2001, 87 pages.

[79] http://fatawas.be/biographie-Bouzouina.html

[80] http://fatawas.be/biographie-Bouzouina.html

[81] https://www.facebook.com/ICM37.FR/posts/722157714540766

[82] https://www.facebook.com/Mohamed-Fran%C3%A7ois-37-Conf%C3%A9rencier-sur-lIslam-881375595267217/timeline

[83] http://www.icm37.fr/

[84] http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/attaque-du-commissariat-a-joue-les-tours/qui-etait-l-agresseur-des-trois-policiers-a-joue-les-tours_779225.html

[85] http://www.rfi.fr/emission/20151115-bernard-godard-ancien-consultant-ministere-interieur-islam

[86] Bernard Godard, La question musulmane en France, Fayard, 2015, 352 pages.

[87] http://www.lavoixdunord.fr/region/le-sulfureux-imam-de-brest-invite-d-honneur-d-une-ia24b58797n3416232

[88] http://m.nordeclair.fr/info-locale/roubaix-un-imam-controverse-invite-d-honneur-de-la-ia50b12891n1080217

[89] http://fatawas.be/biographie-Bouzouina.html

[90] FOIE, Comment éduque-t-on nos enfants en Europe ? (en arabe), Editions FOIE, MEDIACOM, 2002, 141 page.

[91] FOIE, Comment éduque-t-on nos enfants en Europe ? (en arabe), Editions FOIE, MEDIACOM, 2002, p. 91-138.

[92] http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/02/05/31003-20160205ARTFIG00415-uoif-freres-musulmans-salafisme-le-dessous-des-cartes.php

[93] Félice Dasseto, L’Iris et le Croissant, Presse Universitaires de Louvain, 2011, p.95-96

[94] http://www.cilecenter.org/fr/news/cile2015-ahmed-jaballah-lautorite-religieuse-islamique-comment-se-definit-elle-et-est-elle-constituee/

[95] http://www.ikhwan.whoswhoblog/archives/tag/moncef-zenati

[96] http://www.lescahiersdelislam.fr/author/Dr-Sheikh-Tahar-MAHDI/

[97] http://www.mosquee-acmr.fr/page/discours-du-vendredi-a-la-mosquee-de-raismes_12

[98] https://www.youtube.com/watch?v=bYjnPe6KKnM

[99] http://www.jamaa.fr/wp-content/uploads/2012/02/BiographieMouhammedBadjarafil.pdf

[100] https://www.youtube.com/watch?v=uQP82ci8U_o

[101] https://www.youtube.com/watch?v=RjgW-GrW_sE

[102] http://monquranetmoi.fr/le-coran-un-livre-pas-comme-les-autres-par-sheikh-zakaria-seddiki/

[103] https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10202352832641005&set=pb.1198000789.-2207520000.1458927444.&type=3&theater

[104] https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10201176568635140&set=pb.1198000789.-2207520000.1458927446.&type=3&theater

[105] http://www.ahlymagazine.com/professeur-shakeel-siddiq/

[106] http://oummatv.tv/islam-aujourdhui

[107] Shaqeel Seddiq a été formé à l’IESH. Son mémoire, soutenu en 2000/2001 avait comme tuteur le « frère » Larbi Bechri (IESH, responsable Dar-Al-Fatwa de l’UOIF …).

[108] http://iqraa.com/fr/StarDetails.aspx?SID=13

[109] Lire ici sa tribune de défense de l’AKP d’Erdogan : http://www.lalibre.be/debats/opinions/la-turquie-entre-information-et-desinformation-51bf6557e4b0ac68e0f92dfc

[110] De nombreux tweets de M. Saygin sont résolument pro-AKP : https://twitter.com/mehmetasaygin?lang=fr

[111] http://www.aljazeera.net/knowledgegate/authors/2014/4/6/ معتز-الخطيب

[112] http://www.lescahiersdelislam.fr/author/Malika-Hamidi/

[113] http://www.lexpress.fr/actualite/societe/ces-feministes-qui-defendent-le-voile_904685.html

[114] http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/03/19/un-professeur-de-religion-musulmane-accuse-de-negationnisme_1170076_3214.html

[115] http://www.lesoir.be/792864/article/debats/cartes-blanches/2015-02-12/l-integrite-du-chercheur-face-calomnie

[116] http://www.lacapitale.be/1210786/article/2015-02-11/la-circulaire-milquet-et-l-ombre-de-mahi-garaudy-et-ramadan

[117] Ici son texte d’annonce de son départ des rangs des Frères musulmans. Un texte pour le moins ambigu qui laisse croire que son départ ne serait motivé que pour une histoire de protection de son organisation ENAR des feux des critiques qu’il justifia par ladite islamophobie. Il a écrit : « … Pour couper court à tout amalgame qui nuirait à mon combat personnel pour la justice et l’égalité de toutes et tous – et par voie de conséquence à celui de l’organisation que je dirige – ainsi que par soucis de neutralité, j’ai mis fin à tous mes liens avec la mouvance des Frères Musulmans européens. » S’il n’y avait pas ces critiques et cet enjeux pour ENAR, serait-il encore frère musulman ? Simple question. Lire ici : http://xxiv-35.blogspot.fr/search?q=getting

[118] A télécharger ici la fameuse « Fatwa des moines » de Yahya Michot, basée sur des avis d’Ibn Taymiyya : http://www.scourmont.be/Armand/writings/michot.htm

[119] http://www.lavenir.net/cnt/dmf20151116_00736402

[120] Hassan Al Banna, Épîtres de l’imam martyr Hassan Al-Banna (en arabe), Dãr Al-Hadarah Al-Islamiyyah, p. 122.

[121] Lire un compte-rendu de cette visite (en arabe) ici : http://www.alhabibali.com/news/ رحلة-الحبيب-علي-الجفري-إلى-بلجيكا /

[122] Lire un compte-rendu de cette visite (en arabe) ici : http://www.alhabibali.com/news/ زيارة-الحبيب-علي-الجفري-بريطانيا-مايو /

[123] http://www.asma-lamrabet.com/articles/le-voile-dit-islamique-une-relecture-des-concepts/

[124] L’article en français est à lire ici : (http://www.asma-lamrabet.com/articles/le-hijab-n-est-ni-une-priorite-ni-un-pilier-de-l-islam/) L’article en arabe est à lire ici : (http://www.hespress.com/orbites/83379.html)

 

 

 

 

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• Les politiques commencent à s'activer face à la nébuleuse Frères musulmans de MC Royen

et le reportage de la RTBF le 4 mai à 20h 20

Mohamed Louizi

Mohamed Louizi est un ancien membre du mouvement marocain Attawhid wal’Islah (1995-1999), du PJD (1997-1999), de l’UOIF de 2002 à 2006. Ancien président des Etudiants Musulmans de France–Lille. Intéressé par les recherches et études religieuses comparées, Mohamed Louizi est l'auteur de nombreuses textes publiés sur le blog "Écrire sans censures ! »

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