Elections au Maroc

Elections au Maroc

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Vendredi 7 octobre, les marocains sont appelés aux urnes.

Le Parti de la justice et du développement (PJD), issu de la Confrérie des Frères musulmans est arrivé au pouvoir depuis 2011. Le mouvement qui profite de chaque occasion pour marquer ses distances avec la matrice égyptienne a été créé dans les années 60, par un islamiste proche du palais. Le premier ministre Abdelillah Benkirane, gouverne sous l'oeil attentif du Palais.

Les partisans d'une "exception marocaine" rappellent avec raison que le Maroc est le seul cas ou les Frères musulmans gouvernent sans dérives. Ce n'est pas tout à fait exact. Les Malais ont tenté à plusieurs reprises l'expérience frériste. Mais surtout, la relative innocuité des Frères marocains est surtout due à la surveillance des autorités royales qui ont conservé la main-mise sur les Finances, l'Intérieur, la Défense. Malgré toutes ses demandes, le PJD n'est jamais parvenu a détenir le discours sur l'islam, chasse gardée du roi, commandeur des croyants et descendant du Prophète.

S'il n'a pas mis le pays a feu et a sang, le Parti de la justice et du développement n'a pas non plus brillé. Le chômage est toujours aussi élevé. Le taux d'endettement du Maroc atteint 88 %. La corruption reste un mal endémique. Même du côté des moeurs, bastion favori des islamistes, le PJD est en mauvaise posture. Il y a quelques semaines, deux prédicateurs proches du mouvement, mariés mais pas ensemble, ont été arrêtés par la police pour une relation sexuelle dans une voiture. Quand aux prédicateurs problématiques, ils sont courtisés dans tous les partis. Lors des derniers meetings Abdelillah Benkirane a systématiquement fondu en larmes comme s'il avait compris qu'il ne pourrait plus jamais apparaitre comme challenger.

Face au PJD, le Parti Authenticité et Modernité (PAM). Ce dernier est plus récemment co-opté par le Palais. Ilyas El Omari est social-démocrate-monarchiste et ouvertement anti-islamiste. Il parle d'"islamisation rampante de la société". Comme tous les autres partis, le PAM n'hésite pas à approcher des prédicateurs violents comme le Cheikh Maghraoui favorable au mariage des fillettes des 9 ans, puis à reculer une fois le scandale public.

Beaucoup moins populaire que Abdelillah Benkirane (PJD), Ilyas El Omari aura néanmoins fait vivre pendant quelques semaine un discours de rupture avec l'idéologie islamiste.

Dans la soirée, le ministre de l’Intérieur Mohammed Hassad a annoncé les résultats provisoires (après 90 % du dépouillement) :

    • PJD : 99 sièges.
    • PAM : 80 sièges
    • Istiqlal : 31 sièges
    • RNI : 30 sièges
    • MP : 21 sièges
    • UC : 16 sièges
    • USFP : 14 sièges
    • PPS : 7 sièges
    • FDG : 2 sièges

Pour aller plus loin : Articles sur le Maroc

La rédaction

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