Al Jamaa al Islamiya au cœur de la Présidentielle libanaise

Al Jamaa al Islamiya au cœur de la Présidentielle libanaise

Al Jamaa al Islamiya au cœur de la Présidentielle libanaise

«  Nous ne voterons pas pour le Général Aoun » martelait, haut et fort, le seul député d’Al Jamaa al Islamiya, Imad al Hout - élu sur la liste de Hariri- le 24 octobre après que Saad Hariri à la tête du Mouvement du Futur a fini, de guerre lasse, par se rallier au candidat du 8 Mars. Les réactions ne se sont pas fait attendre dans tous les milieux politiques, dès la déclaration solennelle de Hariri, provoquant des protestations au sein de la communauté sunnite et notamment d’Al Jamaa.

En effet, le secrétaire général d’Al Jamaa al Islamiya, Ibrahim al Masri – élu en décembre 2009 – a laissé la parole au responsable du bureau politique à Tripoli, Ihab Nafeh qui a déclaré à l’intention de Hariri : « ...cette décision unilatérale a été prise sans consulter les leaders sunnites qui n’approuvent pas la candidature du Général Aoun à la Présidentielle… »

Il faut dire que la volte-face de Hariri qui, jusque-là, soutenait fermement la candidature de Sleiman Frangieh (autre figure politique du 8 Mars, allié de Bashar Al Assad) a surpris ses partisans dont certains s’en sont démarqués, et en particulier, son partenaire politique depuis 2012, Al Jamaa Al Islamiya. En effet, Al Masri soutenu par le Qatar – déçu de la politique laxiste menée par Hariri depuis le début de la guerre en Syrie – devait signer un « Memorandum de coopération »  avec le chef du Mouvement du Futur, afin de consolider les assises de la communauté sunnite. Ce Memorandum scellait leurs intérêts communs : l’Accord de Taef et le soutien aux opposants du Régime d’Assad en Syrie, et par conséquent, faisait d’Al Jamaa al Islamiya un partenaire politique du Mouvement du Futur, lui conférant ainsi un poids qu’elle n’avait pas.

Toujours est-il qu’Al Jamaa estime que le faux bond de Hariri, par son ralliement à Aoun, fera payer le prix cher à la communauté sunnite, et que celle-ci a exprimé son mécontentement et continuera à le faire même après l’élection présidentielle.

Seulement, la déconvenue d’Al Jamaa al Islamiya ne s’arrête pas là. Le leader du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, a lui aussi, dans son discours prononcé dimanche 24 octobre, promis de voter pour le général Aoun, son allié politique. La décision du Hezbollah a certes, déplu à Al Jamaa, qui par la voix de son député avait affirmé mardi 18 octobre : « C’est illusoire de croire que le Hezbollah veut un Président pour le Liban. » Ce camouflet vient s’ajouter à celui infligé par Hariri, sachant que les relations cordiales entre Al Jamaa et Hezbollah remontent aux années 80, dans leur jihad contre l’armée israélienne. D’autant qu’un rapprochement entre les deux parties a eu lieu le 19 octobre 2016, afin de perpétuer les liens qui unissaient Mohammed Hussein Fadlallah et Faysal Mawlawi.

Alice Boustany

 

Sources :

www.al-Akhbar.com, mai 2012

www.al-Jamaa.org. Oct.2016

 

La rédaction

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