Campagne religieuse anti-Burkini au Liban

Campagne religieuse anti-Burkini au Liban

Campagne religieuse anti-Burkini au Liban

Créé par une société australienne, le Burkini n'en finit plus de susciter la polémique.

Il y a quelques semaines, dans la ville pourtant conservatrice de Tripoli, un complexe balnéaire a proposé aux femmes portant un burkini de se baigner dans une piscine privée et plus sur la plage mixte. Une d'entre elles a insisté et voulu se baigner sur la plage mixte composée d'hommes et de femmes en maillot. La sécurité l'a immédiatement évacué de la plage, un tribunal chariatique a été saisi et un avis religieux (Fatwa) rendue.

Le juge Cheikh Hassan Chehade commence sa Fatwa en expliquant que la revendication politique du Burkini a commencé sur les plages française avant d'accoster sur celles du Levant. Il rappelle à ses lecteurs que le mode de vie des libanais est varié. Il existe des femmes et des hommes qui ne suivent pas la religion du Prophète et qui se baignent ensemble. A Tripoli, tonne t-il, on se baigne en maillot depuis une éternité. Par contre poursuit le juge religieux, cette volonté de s'imposer en burkini pose plusieurs problèmes religieux.

Tout d'abord selon Cheikh Hassan Chehade on ne peut bricoler la religion. Si une femme décide de revendiquer sa religiosité, il faut qu'elle en suive les règles. Pour  Cheikh Hassan Chehade, une femme pieuse n’as pas le droit de se mélanger avec celui qui n’est son père, son mari ou son frère. Une femme pieuse selon la Fatwa ne peut se baigner que dans une plage ou une piscine de femmes, car se mélanger avec des hommes sur la plage est interdit pour les femmes voilée. Aucune interdiction en revanche pour les femmes non voilées.

Le juge poursuit en défendant le propriétaire du complexe balnéaire et déclarant que personne n’a le droit d’imposer à un propriétaire de changer son règlement intérieur. S'il ne veut pas de femmes voilées ou en burkini sur la plage, c'est son droit.

La suite de la Fatwa est dévastatrice pour les partisans de l'islam politique. Le juge Cheikh Hassan Chehade rappelle qu'un femme voilée qui rentre sur une plage mixte commet plusieurs interdits. Il est inévitable qu’une femme voilée voit la partie intime d'un homme (du nombril au genou). De plus explique t'il, le burkina, comme le fait de se baigner habillée, montre le corps des femmes.

Et le juge de terminer, une femme n’a pas le droit de prétendre être pieuse et exiger d'être sur une plage mixte.

 

Article d'An Nahar

 

La rédaction

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