Nicolas Sarkozy et l'UOIF

Nicolas Sarkozy et l’UOIF

Nicolas Sarkozy a plusieurs fois tenté de rassurer ceux qui s’inquiètent de voir la République cautionner une organisation comme l’UOIF. « Ce ne sont que des musulmans orthodoxes » a-t-il sobrement déclaré dans le cadre de l’émission Complément d’enquête, où l’on venait pourtant de voir un documentaire singulièrement à charge pour l’organisation en question[1]. Dans son livre, il refuse de croire au « double discours » ou même à la radicalité supposée de l’organisation : « J’ajoute que les dirigeants de l’UOIF ont toujours tenu un discours respectueux de la République et qu’ils ne se reconnaissent pas dans l’image radicale qu’on leur prête. J’ai choisi de les croire »[2]. L’ancien ministre de l’intérieur y croit tellement qu’il présente l’UOIF comme une organisation simplement « fondamentaliste » et même comme un mouvement en guerre contre l’intégrisme, musulman mais aussi laïque : « Si Fouad Alaoui dénonce deux intégrismes, l’intégrisme laïque et l’intégrisme musulman, je ne peux ni ne veux lui donner tort. (…) Les deux doivent être rejetés avec une égale intensité ! »[3]

Passons sur le terme d’« intégrisme laïque » — parfaitement impropre puisqu’il tend à faire passer la volonté de séparer strictement le politique et le religieux pour de l’extrémisme… religieux ! Plus grave est le fait que Nicolas Sarkozy mette sur le même plan ce qu’il appelle l’« intégrisme laïque » (dont l’extrémisme consiste à vouloir au pire séparer le politique du religieux dans l’intérêt de tous) et l’intégrisme musulman (qui tue chaque jour des libertés quand il ne tue pas tout court)

Fiammetta Venner

 

[1] Complément d’enquête, France 2, 27 janvier 2003.

[2] Nicolas Sarkozy, La République, les religions, l’espérance, Cerf, Paris 2004, p.83.

[3] Idem, p. 88.

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La rédaction

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